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Les sacs Damien Béal, traits d’union pour cuir et bois

DAMIEN BEAL

RELIURE. Damien Béal a posé ses valises — ou plus précisément ses sacs — dans une ancienne boutique qui fleure bon le papier, un ancien atelier de reliure comme l’indique la devanture. Aujourd’hui, ce sont les accords de cuir et de bois qui embaument le labo. Cet atelier-boutique incarne la vitrine versaillaise de la Maison éponyme, le cœur de la création se situant à « La Grange » dans les hauteurs de Milon la Chapelle (Vallée de Chevreuse).

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© JORS

Le sac ne s’est pas immédiatement imposé comme une évidence à Damien, ébéniste de formation. Créateur d’objets inattendus comme le Vestiaire ou encore, le Vélo de Bois exposé chez Empreintes, il ne renie pas ses origines mais enrichit son imaginaire avec une collection de sacs. L’un de ses tout premiers fût offert à son frère souvent arrêté dans la rue afin de connaître le créateur qui se cachait derrière cette petite merveille. La première d’une longue série… Lorsqu’on lui demande pourquoi cet objet l’a tant attiré, il nous répond avec transparence « C’est celui qui ne me quitte jamais ». Car en effet, Damien vise à créer une histoire d’amour pérenne entre la clientèle et son artisanat, il voit le sac comme intime confident de la vie de son propriétaire. Il pense futur et évoque les objets que l’on lègue à nos enfants et qui témoignent de nos histoires. Et si les hommes redoutent encore de porter le sac à l’épaule, ils pourront trouver leur bonheur avec Le Pause Weekend.

Ici le temps est un allié. Il fait son œuvre et permet aux cuirs d’évoluer et de se sublimer. Les naturels exempts de chrome acquerront un ton plus sombre au fil des mois tandis que ceux teintés en « pleine fleur plongé » se patineront légèrement au gré des aléas.

Damien attache beaucoup d’importance à retranscrire une forme de vérité et d’authenticité. Pas de triche, chaque pièce est conçue à la demande selon les critères établis par le créateur (format, proportion, matières…). Le client pourra choisir ses couleurs dans le nuancier et aura la possibilité de faire inscrire ses initiales. Les demandes spéciales devront être mûrement réfléchies et en adéquation avec l’univers de l’ébéniste (comme ce sac créé pour abriter La Pléiade). On compte dix modèles pour cette ligne de maroquinerie dont Le Strict Minimum, L’Entre Deux et La Ninetta (la petite Nina, en référence à sa fille) respectivement de 180€ à 450€. L’un nous accompagnera pour nos virées nocturnes, l’autre le temps d’un voyage ou encore au quotidien sans exception.

Cette collection est régulièrement ponctuée par des collaborations comme celle organisée pour l’exposition Forest for Fashion où Damien présentait une structure en bois percée afin d’accueillir les mosaïques de son amie Erica Stefani. Cet hiver, c’est le chanteur Tété qui s’allie au créateur pour concevoir 12 sacs Le Petit Reliquaire en édition limitée à la faveur des plus chanceux. L’Artisan Tatoueur a également oeuvré sur une série de pièces uniques, une belle rencontre biarrote-versaillaise.

Pour chaque pièce, le cuir est cousu avec soin pour se fixer sur les pièces de bois préalablement marquées à chaud du logo DB. La date de fabrication est frappée sur le support à la manière d’un tampon, une petite touche fait-main non sans élégance. Damien met du cœur à l’ouvrage — made in France s’il vous plaît. Ce ne sont pas les coutures en point sellier qui diront le contraire. Chaque sac est doté de trois points : bleu, écru et rouge pour ancrer ces modèles uniques dans un savoir-faire à la française. Les matières sont choisies avec passion et intelligence. Le cuir provient de vaches françaises dont la peau est tannée en Italie. L’exigence est le maître-mot du choix des matières jusqu’à la fabrication. Les essences de bois indigène rencontrent les cuirs et apportent à eux deux le caractère singulier du sac.

C’est sur le Salon Maison & Objet en 2016 que Damien fût repéré. La capitale est un lieu riche de trouvailles pour le créateur qui fait appel à la bouclerie italienne et s’approvisionne également en fil de lin lors de ses virées hebdomadaires. Mais Paris représente également une belle vitrine à travers le Concept Store Empreintes, l‘Atelier Singulier et le Leather Concept Store. Damien envisage même d’être présent sur Le Bon marché, Colette ou encore Centre Commercial mais « La meilleure communication, ce sont les gens ». Bien qu’il soit possible de commander en ligne, je conseille vivement un petit passage par la rue Royale pour vous laisser enchanter sur place et  ainsi franchir les frontières du web.

Le créateur attache une importance toute particulière à trouver le juste équilibre entre la visibilité et l’authenticité. « On lâche beaucoup de choses à penser en terme de croissance ». Damien est donc parti à la conquête de Versailles qu’il a déjà ravi. On ne compte plus les sacs arborés par les lycéennes de l’école voisine, ceux portés par les femmes que le bouche à oreille aura mises dans la confidence, ou encore celles dont le mari épris aura eu la bonne idée de pousser la porte de la boutique.

Car c’est le secret le moins bien gardé de la Rive Gauche,  le 22 rue Royale recèle des trésors.

Damien Béal — 22 Rue Royale, 78000 Versailles 06 75 59 30 90

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© Rémicito

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© Rémicito — La Collaboration de l’hiver 2016 avec le chanteur Tété

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© Rémicito

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Le Pause Week End — 770€

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Le Vélo Bois

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© L’atelier Singulier / Le Strict Minimum — 180€

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© L’atelier Singulier / Le Ninetta — 450€

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© L’atelier Singulier / Le Ninetta — 450€

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© L’atelier Singulier / L’Invité — 620€

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© L’atelier Singulier / L’Invité — 620€

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© L’atelier Singulier / Le Quotidien — 440€

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