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Diptyque x Antoinette Poisson — La collaboration dominotée

Antoinette Poisson Diptyque
Diptyque ne cesse de nous enchanter par les talents que la Maison révèle saison après saison. C’est l’Atelier Antoinette Poisson qui enrichit cette année la folle liste par sa vision de la rose Rosa Mundi et la transpose sur papier vergé pour en faire éclore tous les arômes. Les deux arts se combinent ici pour donner à cette Saint-Valentin des airs de badinage à travers un univers raffiné qui allie graphisme et authenticité pour faire revivre les papiers peints oubliés et leur conférer une nouvelle jeunesse.
Mais qui se cache derrière ce nom nous évoquant une certaine marquise de Pompadour, favorite de Louis XV ? Trois jeunes gens passionnés par leur métier, la restauration de papiers peints et de décors muraux qui décidèrent il y a quelques années de s’associer pour faire renaître l’art du papier dominoté – un savoir-faire qui connut son apogée au XVIIIème siècle pour disparaître durant la première moitié du siècle suivant. Nichés dans un atelier parisien du XIème arrondissement, le trio imagine un Diptyque poétique et graphique. À l’honneur, des motifs floraux dont on imagine aisément les branches bourgeonnant laissant éclore les plus belles roses du jardin sur fond vert amande à l’univers boudoir ; le tout imprimé manuellement sur un papier vergé pur chiffon au format 330×420 mm et souligné du célèbre bandeau de la maison.

Ces motifs floraux renferment le secret de L’Eau Dominotée – un vinaigre de toilette, emblématique de la Maison. On la porte à la manière d’un parfum de peau, d’intérieur, ou l’on choisit d’en extraire quelques gouttes pour les glisser dans les draps. Un vrai ballet olfactif que l’on pourrait ainsi nommer Rosa Mundi avec au centre la rose de Damas et la Centifolia, rose de mai. Les notes de tête, cassis et bergamote apportent leur fraîcheur, puis le litchi et le géranium s’épanouissent… enfin, une trace légère, presque indécelable de patchouli réchauffe le parfum. Au même titre que l’on parle de menthe poivrée, je parlerai de rose poivrée. Diptyque la travaille pour nous charmer, nous amuser par un sillage poudré sans trop le dater pour autant. Dans chacune des créations – qu’elles soient olfactives ou visuelles – la tradition et la modernité s’embrassent et se disent « je t’aime ».

Merci à Julie Stordiau de s’être prêtée au jeu des questions de L’Orangerie.

— Vous faites revivre un savoir-faire ancestral, comment vous est venue cette envie de faire revivre un art oublié?

C’est lors d’un chantier de restauration de papiers peints dominotés dans une maison historique en Auvergne que nous est venue l’idée des papiers dominotés. Nous avons dû reconstituer une pièce d’après des fragments que nous n’avions trouvés à l’époque, personne ne travaillait encore ainsi (cette tradition ayant disparu au début du 19ème siècle avec l’arrivée de nouvelles technologies). Ce qui nous a plu ce sont bien sûr les motifs : tant les petits motifs géométriques que de plus larges guirlandes florales. Mais nous avons surtout aimé la trace de la main. Chaque feuille est imprimée et colorée manuellement ce qui lui confère de petites irrégularités pleines de charme et de poésie.

— Existe-t-il une journée type à l’Atelier ?

Pour l’instant nous n’avons pas de journée « type » car nous portons plusieurs casquettes : créateurs de nos propres collections, artisans – tout est fait dans notre atelier parisien – et un peu designers également comme pour notre collaboration avec Diptyque. Nous aimons aussi sortir des sentiers battus, nous avons par exemple mis en scène une exposition de papiers dominotés anciens de la collectionneuse Valérie Hubert en décembre dernier et nous allons créer avec le designer Jules Levasseur une pièce commune originale pour Périfabrique qui sera présentée au Musée des Arts décoratifs à Paris.

— La Saint-Valentin est une tradition qui met à l’honneur les couples, l’amour et la passion. Quelle est votre vision de l’événement ?

La Saint-Valentin est l’occasion de (re)dire « Je t’aime » à la personne qui partage notre vie, mais il n’y a pas besoin de trop en faire…

— Fleur et géométrie, comment se passe une telle rencontre dans votre imaginaire ? 

Ces deux types de sujets sont les deux « courants » traditionnels de motifs de papiers dominotés. Nous avons aimé jouer sur les teintes (rose doux et vert arsenic) pour créer une harmonie et qu’ils se mettent en valeur l’un l’autre.

— Des rêves, des envies des projets ?

Avoir plus de temps pour créer et expérimenter. Nous développons actuellement des objets en papier mâché. C’est un matériaux extraordinaire plein de possibilités. Et voyager ! L’Inde et le Japon peut-être…

— Une vision de Versailles par Antoinette Poisson ?
Jeanne Antoinette Poisson est le nom de la marquise de Pompadour maîtresse de Louis XV (grand-père de Louis XVI, époux de Marie-Antoinette). Au XVIIIème siècle, La Marquise de Pompadour était mécène des arts et aimait la décoration, nous avons choisi son nom avant son anoblissement car les papiers dominotés servaient à décorer des pièces intimes et simples, loin de l’apparat des appartements où l’on recevait. C’était un art intimiste et rustique par la technique. Versailles serait un motif végétal avec des Ifs dans des tons verts profonds…

Antoinette Poisson

© TrésorParisien

 

Antoinette Poisson

©Antoinette Poisson

Diptyque Antoinette Poisson
Diptyque Antoinette Poisson

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Diptyque Antoinette Poisson

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