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Julien Colombier enchante Diptyque

Diptyque julien colombier

Sapin, Liquidambar, Oliban… trois parfums qui résonnent comme une formule magique. L’envouteur? Julien Colombier, artiste peintre dont le talent n’a pas échappé à la célèbre Maison Diptyque et par qui les vitrines du 34 boulevard saint Germain ont été colonisées il y a quelques jours. De nombreuses collaborations dans l’univers du luxe à son actif aussi bien sur le lieu que sur le papier. Son travail se vit comme une expérience, il s’écoute et se respire. Ses créations deviennent mapping dans le cadre d’une immersion sonore et visuelle pour Daisuke Tanabé. Le motif envahit le vêtement chez Paul Ka, on tourne les planches du livre Like a jungle Sometimes chez Plethora. La Villa Noailles offrira quant à elle ses murs blancs à l’artiste le temps du festival des enfants Pitchoun’s 19—23 décembre (exposition jusqu’au 17 janvier), et en avril prochain pour le festival de mode. On attend pour 2016 un projet pour l’éditeur de tissu Pierre Frey. Monsieur Colombier s’adapte à ses supports.

Bien que Julien m’ait confié être un « daltonien des odeurs » on lui accorde tous les honneurs en matière de couleur qu’il manie comme un baguette magique pour nous faire voyager au pays de l’onirique. Un atelier en périphérie de la capitale abrite les jungles enchantées et imaginaires de l’artiste. La plupart suspendues à la verticale représentent une véritable invitation au voyage tandis que d’autres à même le sol donnent envie de sauter à pieds joints et de pénétrer dans le rêve de l’artiste.

De la densité naît la lumière, Julien maîtrise les contrastes, les textures et les couleurs à la perfection. Et si cette opulence végétale nous semble si familière, Julien ne se pose aucune contrainte de représentation. Il invente sa propre botanique à partir de formes longuement étudiées et nous livre un message poétique universel. Son trait n’est pas figuratif, cependant on associe légitimement des lignes verticales à des troncs « c’est le cerveau qui crée ces rapprochements ». Il dessine « là où la lumière se pose » sans fixatif, qui s’y frotte s’y pique. Les volumes naissent peu à peu sous la tranche de ses pastels qui œuvrent avec magie pour mieux évoquer les ingrédients choisis par le parfumeur. Ce tandem artistique se complète et ne laisse aucun de nos sens au repos, ici, l’olfactif et le visuel ne cessent de correspondre.


Trois univers chromatiques permettent de décliner le répertoire olfactif. Un vert profond révèle les  branches gracieuses du sapin et ses fruits d’or, la mandarine se pare de ses plus beaux atours. Tandis que le bleu mystérieux sublime les accents boisés d’une forêt envoûtante chez Oligan, le rouge intense allume le feu ardent des notes gourmandes de Liquidambar. Je ne saurais choisir…

C’est la bougie Sapin qui a le plus séduit le peintre, adepte des fragrances subtiles qui lui rappellent les souvenirs des fêtes de Noël durant lesquelles des centaines de cadeaux étaient posés au pied du sapin fraîchement coupé.

Dans ce projet pluridisciplinaire, Julien a su s’entourer puisqu’il a confié la direction artistique au studio créatif Mass Confusion avec lequel il espérait pouvoir un jour collaborer. C’est chose faîte, le dossier de presse prend la forme d’un triptyque doré à chaud, trois vidéos sont respectivement consacrées aux univers olfactifs des bougies. Le mystère nous enveloppe et fait perdurer ce voyage sensoriel. De la conception à la finition, aucune étape n’a pu échapper à son oeil aiguisé.

Jusqu’au bout, Julien Colombier est un évocateur de rêve tout comme ses jungles au creux desquelles on se perdrait sans risque. Noël promet d’être magique.

Édition limitée de 500 exemplaires signés et numérotés chez Plethora

julien colombier
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